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L'Histoire du site et du bâtiment

la rue du Cendrier 
dans un quartier au 
riche patrimoine genevois

Implanté dans le faubourg de Saint-Gervais, sur la rive droite du Rhône, Cendrier-Centre s’inscrit dans un quartier dont l’histoire remonte à l’époque romaine. Structuré dès le Moyen Age autour du pont de l’Ile et de l’église Saint-Gervais, le secteur connaît une première phase d’expansion majeure au XVe siècle avec le lotissement du vignoble épiscopal et la création de nouveaux axes, comme les rues de Coutance et du Cendrier. Jusqu’aux années 1850, il forme - avec la Cité qui lui fait face -, la vieille ville de Genève, réunie à l’intérieur d’un même rempart. Aux XIXe et XXe siècles, ce quartier ouvrier, berceau de l’horlogerie genevoise, connaît une profonde mutation. Portées par de vastes opérations de rénovation urbaine que l’on qualifierait aujourd’hui de politiques de gentrification, ces transformations s’accompagnent notamment de la création de la place Grenus et de la rue Paul-Bouchet. Saint-Gervais échappe toutefois aux projets radicaux de reconstruction totale au profit d’interventions partielles, îlot par îlot, jugées plus réalistes sur les plans économique et foncier.

plan d'architecte sur papier

Ces opérations sont majoritairement confiées à l’architecte genevois de renom Marc-Joseph Saugey, à qui l’on doit Mont-Blanc Centre et son cinéma Plaza, Cendrier-Centre, l’Hôtel du Rhône ou encore Terreaux-Cornavin. Autant de réalisations qui, entre les années 1950 et 1970, signent l’entrée de Saint-Gervais dans la modernité. De son tissu urbain le plus ancien ne subsistent aujourd’hui que les bâtiments entre les rues des Etuves, de Coutance, Rousseau et De-Grenus, ainsi que le temple de Saint-Gervais, monument emblématique ayant traversé les siècles.

l’architecte 
genevois 
Marc-Joseph 
Saugey 

l'ensemble cendrier-centre

symbole de la Genève 
moderne des années 1960

Cendrier-Centre, achevé en 1968, s’inscrit dans le prolongement direct de Mont-Blanc Centre (1951-1954) : Marc J. Saugey propose un ensemble moderne, en contact direct avec la rue, les passants et les automobiles. Dès la conception de Mont-Blanc Centre, l’architecte envisage une reconstruction à plus large échelle, portant sur l’ensemble de l’îlot délimité par les rues de Chantepoulet, du Cendrier, Rousseau et Lissignol. Plusieurs variantes d’implantation sont alors étudiées, en fonction des opportunités foncières, mais toutes reposent sur un principe commun : une composition urbaine faite de tours posées sur un socle commercial, dans le prolongement de Mont-Blanc Centre le long de la rue du Cendrier. Ainsi, pour Cendrier-Centre, Saugey réalise deux tours de huit étages reposant sur une « galette » commerciale de deux niveaux, elle-même implantée sur cinq niveaux de sous-sol. Ce socle reprend la même coupe architecturale que celle de Mont-Blanc Centre : l’entresol, en porte-à-faux, surplombe le trottoir afin de permettre aux passants de longer les vitrines à l’abri des intempéries. Devant l’ensemble, la rampe d’accès au parking est disposée parallèlement au trottoir, affirmant la place centrale accordée à l’automobile, caractéristique de l’optimisme technologique des années 1960.

Les tours se parent de « façades rideaux », un dispositif architectural, sans fonction porteuse, devenu courant à la fin des années 1960 et confié ici à l’entreprise Steiner. L’ensemble architectural se distingue par une enveloppe mêlant verre et aluminium éloxé de teinte naturelle et bronze-doré.

Le premier niveau des tours est légèrement en retrait par rapport aux étages supérieurs. Ces tours, aux formes géométriques épurées, offrent un jeu subtil de biais et de retraits qui sculptent la masse, créant des effets visuels dynamiques, notamment en direction de la rue du Cendrier. A l’arrière, la façade aveugle vient s’appuyer sur le tissu existant.

Le pari 
des grands 
volumes 
commerciaux

A la fin des années 1960, les petites boutiques font moins recette que dans les années 1950. L’heure est désormais aux grands magasins, à l’image de La Placette inaugurée en 1967, à quelques mètres de là. Dans ce contexte, Marc J. Saugey et son équipe opèrent un choix stratégique pour Cendrier-Centre : plutôt que de reproduire le modèle des petites cellules commerciales, expérimenté à Mont-Blanc Centre, ils privilégient un vaste volume continu, pensé pour accueillir une activité de grande ampleur. Depuis la rue, deux volées d’escaliers mécaniques permettaient alors d’accéder au toit de la galette commerciale. Une galerie vitrée reliait les deux tours, tandis que deux ascenseurs et des escaliers latéraux assuraient la desserte des niveaux supérieurs, occupés par des bureaux. Après plusieurs hypothèses d’exploitation, la galette commerciale est finalement réalisée sur mesure pour un locataire principal : le restaurant Mövenpick.

Importante 
rénovation 
à la fin des 
années 1990

Lorsque Mövenpick réduit d’abord son activité au seul rez-de-chaussée, avant de quitter définitivement les lieux en 2009, la commercialisation des surfaces libérées se révèle rapidement complexe. Cette difficulté explique en partie les importantes modifications de distribution opérées lors de la rénovation effectuée entre 1998 et 2000. A cette occasion, la seconde volée d’escaliers mécaniques est supprimée et l’accès aux tours est entièrement repensé : il se fait désormais par l’entresol, et non plus par le premier étage. Pour accompagner ce nouvel accès, un patio est creusé à l’emplacement de l’ancien bassin qui animait la terrasse en toiture de l’entresol. Ce dispositif permet non seulement d’apporter de la lumière naturelle à la nouvelle entrée, mais aussi d’éclairer les bureaux installés à la place de l’ancien restaurant. En outre, cette configuration offre une plus grande souplesse d’exploitation : l’entresol peut désormais fonctionner de manière autonome et ses surfaces être réparties entre plusieurs locataires. Parallèlement, l’ensemble de l’enveloppe du bâtiment, ainsi que les installations techniques sont entièrement renouvelés.

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